Branko Galoić

Croatia

Branko Galoić

Nouvel album "Danse de la liberté" en mars 2021 (SuperPitch/InOuie Distribution)

Le compositeur, guitariste et auteur-compositeur croate Branko Galoić combine les puissantes sonorités des cuivres avec une voix aux accents de Dylan et un penchant pour le jazz manouche. Profondément enraciné dans les traditions balkaniques, il explore et mélange une variété de styles et d'influences, du rock à la musique de film, du reggae au swing, voire même des ambiances latines, arabes et méditerranéennes. Branko Galoić est né à Zagreb. Il a été adopté par Amsterdam et applaudi à Berlin, avant d'être accueilli à Paris devenue, depuis quelques années, son adresse fixe.

 

http://branko-galoic.com/
http://www.superpitch.co/album/branko-galoic-danse-de-la-liberte/
  • BIOGRAPHIE

    Pour Branko Galoić, la liberté se danse
    Chez Branko Galoić, qui compose et écrit seul, le processus créatif reste un espace assez mystérieux. Pour ce huitième album, commencé il y a déjà deux ans, il a cependant travaillé avec une idée fixe en tête : réunir plusieurs de ses compagnons de route pour un même disque, une même aventure collective, partagée avec des individus familiers. Le compositeur croate, qui a passé la première moitié de sa vie dans un pays qui n’existe plus, et pour qui le déracinement est au cœur de toute chose, a donc contacté celles et ceux avec lesquels il avait aimé travailler par le passé. On retrouve notamment, sur le titre "Magic Carpet", la chanteuse Théko Paradjanova et l’accordéoniste Merima Klujco. Plus de 15 musiciens, des sessions d’enregistrement à Paris et à Amsterdam, Silvolde (Pays-Bas), Novi Sad, Sarajevo... Danse de la liberté est, avant tout, le fruit de ses rencontres au fil du temps. En Serbie, d’abord. Avec les membres du brass band d’Amsterdam, ensuite. Avec des musiciens croisés durant ses années berlinoises. Et enfin à Paris. Venu pour y travailler, il y réside désormais. Ce huitième album est aussi le fruit de ses retrouvailles avec le réalisateur et producteur Thomas Couzinier. « Je suis épuisé, mais heureux. C’est mon album le plus ambitieux, mais c’est aussi le meilleur, je crois. J’ai pu en sélectionner chaque titre, et sa fabrication a été une expérience merveilleuse. J’ai aussi eu la chance de travailler avec Jean-Christophe Vareille, qui est un maître dans son domaine, comme Thomas, dont l’oreille ne laisse rien passer. Et puis nous avions un peu de temps, pour une fois, un peu de budget aussi, en tout cas suffisamment pour ne pas avoir la pression. C’est de plus en plus rare. Thomas a vraiment soutenu le projet à tous les égards. Les studios étaient vraiment bien, les gens impliqués aussi. »
    Branko Galoić puise tout naturellement son inspiration dans des mondes d’une grande diversité. Ses racines se trouvent dans la musique des Balkans et dans les cuivres. On pense à Goran Bregović, bien sûr, parce qu’il en est le maître, mais il y a dans ses compositions une affinité certaine avec des compositeurs de musiques de film, et avec le grand Nino Rota, notamment. L’album déborde d’un rock nerveux et profondément blessé, grâce aux premières influences de Galoić : Hendrix, Santana et Clapton, entre autres. La délicatesse de Leonard Cohen vient à l'esprit, notamment dans la chanson "If you want to love me". Parmi les auteurs-compositeurs connus pour leur maîtrise et leur subtil mélange d'amour, de poésie et d'humour, Branko Galoic évoque sans plus de détails quelques artistes croates restés anonymes de notre côté du monde, mais mentionne aussi Aznavour, Jacques Brel et même Tom Waits. Ils vivent entre les lignes de cet album, et notamment dans le single "Million Ways", enregistré en deux versions. En Anglais d’abord, qui est la langue dans laquelle Branko communique le plus souvent, étant immigré, puis en Croate. « J’avais vraiment envie de partager ce morceau, et le refrain m’est venu en Croate facilement. Un ami poète m'a aidé à traduire le reste... »
    Un autre morceau de ses premières années croates trouve un second souffle dans la reprise inattendue et particulièrement charmante de "Don’t Let Me Be Misunderstood" : « Mon frère et ma sœur étaient plus âgés que moi, ils avaient grandi dans les années 70. Ils étaient obsédés par leur gramophone et leur collection de disques vintage. La version de Santa Esmeralda de "Don’t Let Me Be Misunderstood" est celle que j’ai connue enfant. Un jour, alors que je regardais un film de Tarantino, bam! Je l’ai entendue à nouveau. Des années plus tard, en la jouant simplement à la guitare, j'ai décidé de la retravailler à travers le prisme de l'influence balkane... Toucher à ce genre de chefs-d'œuvre, c’est dangereux, j'ai donc cherché à y insuffler ma touche personnelle. »
    Le titre de l’album emprunte à l’un de ses morceaux instrumentaux. Aucune revendication, juste un écho au sentiment de liberté que ressent l’auteur-compositeur de "Danse de la liberté", car si toutes ses expériences vont dans sa musique, il ne cherche pas le politique dans ses chansons. Et si la montée du nationalisme dans le monde est un sujet de préoccupation constant pour Galoić, lui qui a si longtemps été un immigré en situation irrégulière, composer lui permet de ne pas y penser, au moins un temps.
    L’autre soupape pour l’artiste, loin des enjeux plus larges de notre, c’est la scène qui, comme pour tous les artistes du monde en ce moment, manque cruellement à Branko Galoić ces jours-ci. Interrogé à ce sujet, le guitariste ne peut s’empêcher de rire : « Jouer live est la meilleure partie de mon travail. Beaucoup de gens nous disent même que nous sommes meilleurs sur scène qu’en studio...! » Le groupe a hâte de rejouer en public, public qui leur offre toujours des réactions d’une grande puissance, où qu'ils se produisent. Galoić a donné plus d'un millier de concerts, dans des configurations diverses, de la plus petite à la plus grande jauge, comme par exemple un concert mémorable, devant dix mille personnes, à Rudolstadt en Allemagne. « L’envie, là, c’est de pouvoir tourner en France, dès que ce sera à nouveau possible. »
    « Ma musique reflète ma vision du monde. Cet album avec des Serbes et des Bosniaques, même si ça s’est fait de manière spontanée, et non réfléchie, c’est une révolte contre le nationalisme ambiant, contre les actions anti-immigration et contre le courant manipulateur politique à l’œuvre dans le monde. »

  • LineUp FR:

    Branko Galoić : chant, guitare
    
Lina Belaïd : violoncelle
    Francisco Cordovil : guitare acoustique, chant
    Wadi Naim : percussions, batterie